J’ai toujours été attirée par l’étranger, le voyage, les cultures et langues étrangères. Seulement voilà, quand on vient d’une petite ville de la région ouvrière de Charleroi dans le sud de la Belgique (pour les lecteurs non belges: les carolos sont les habitants de Charleroi) et d’une famille d’immigrés qui a toujours dû beaucoup travailler pour avoir quelque chose dans la vie, on se dit qu’une vie de voyages, cela est un peu un rêve inaccessible, que c’est beaucoup trop ambitieux, hors de notre portée et surtout à mille lieux des traditions familiales. D’abord, il faut trouver un bon boulot, acheter une maison, se caser…Dépenser de l’argent pour se développer ou voyager, c’est secondaire. J’ai donc commencé par suivre le schéma classique au début de ma vingtaine.

L’opportunité professionnelle

Puis un jour, j’ai eu la grande chance de décrocher le job de mes rêves, un poste de chargée des relations publiques pour le Gouvernement de Hong Kong à Bruxelles. Au cours des presque 5 dernières années, c’est les étoiles pleins les yeux et le cœur rempli de reconnaissance et gratitude que j’ai vécu à 200 à l’heure cette chance qui m’a été donnée d’apprendre, de rencontrer pleins de personnes intéressantes et de vivre des expériences plutôt privilégiées en Europe et à Hong Kong grâce à mes nombreux déplacements professionnels. J’avais vraiment l’impression de vivre un rêve éveillé et me demandais tous les jours comment j’avais pu atterrir là…

Mes mois étaient rythmés par de nombreuses heures passées dans les trains et avions, à faire et défaire ma valise Bref, la liberté et une vie qui dépassait tous les rêves que j’avais eus jusqu’à présent !

Le début des voyages

Un peu après le début de cette aventure qui a littéralement changé ma vie, une séparation douloureuse et un rachat d’appartement plus tard, j’ai commencé à vivre ce que je rêvais d’expérimenter depuis longtemps et à faire de beaux voyages dès 2016. D’abord New York, mon rêve depuis toujours, ensuite le Canada puis peu après mon premier voyage « d’aventure » : la Thailande en 2017.

Pendant ce premier voyage en Asie, j’ai découvert tous ces voyageurs en sac à dos qui étaient en Asie du sud-est pour plusieurs semaines et mois. A la suite d’une rupture amoureuse, d’une démission, d’une pause carrière ou juste entre deux jobs, ils s’accordaient quelques mois pour parcourir le monde. Un style de voyage dont j’ignorais l’existence jusque-là. En les voyant, je me disais qu’ils avaient beaucoup de chance (au final, la chance n’a rien à voir là-dedans), que c’était génial mais bon, ce n’était pas pour moi ça, moi qui ai toujours été (trop?) responsable et à toujours prendre des décisions raisonnables. En plus, j’avais un super job qui me permettait de beaucoup voyager, c’était déjà inespéré. J’ai donc rangé cela dans un coin de ma tête.

Après le voyage en Thaïlande, je n’ai plus pu m’arrêter, j’avais chopé le virus du voyage.  J’ai enchaîné par la côté ouest des USA quelques mois plus tard mais ma vraie révélation a été mon voyage en Argentine en 2017. A peine le pied posé à Buenos Aires, j’ai su. Je voulais partir voyager plusieurs mois et surtout en Amérique latine. Il y a des moments dans la vie où certaines choses sont une évidence. On le sent dans le ventre qu’on est à la bonne place, au bon endroit et l’âme en redemande, on ne peut plus fuir face à cet appel. Dès ce moment-là, je me suis promis d’économiser pour partir faire un tour du monde d’un an, 3-4 ans plus tard. J’ai ensuite continué avec des voyages à Chicago, Washington et Bali l’an dernier.

L’élément déclencheur

Puis voilà, la vie fait parfois très mal, à l’été 2018, j’ai pris ma plus grosse claque sentimentale jusqu’à présent. Deux semaines plus tard, je me retrouvais dans l’avion vers la Malaisie et Hong Kong pour un voyage en solo qui était prévu depuis plusieurs mois. Une fois sur place, les rencontres et les découvertes m’ont permis de me sentir mieux, de soulager la tristesse. Sur place, j’ai fait une rencontre marquante avec Ingrid, une Québécoise fantastique de 35 ans qui, à la suite d’une douloureuse rupture amoureuse, était partie du Canada pour passer plusieurs mois à travailler en Nouvelle-Zélande avant de voyager en Asie et en Europe. J’ai su à ce moment-là de façon encore plus certaine que lors de mon voyage en Argentine un an plus tôt, que comme Ingrid, il fallait que je parte maintenant et pas dans 3-4 ans. Partir pour vivre mon rêve et pour accumuler des expériences  fortes et positives qui allaient m’aider à guérir. Je me suis donc mise à économiser de manière plus intensive et me voilà aujourd’hui une demi année plus tard en pleins préparatifs de mon « tour du monde ». Je ne vais évidemment pas faire un réel tour du monde mais en général quand on parcourt plusieurs continents  (au moins 2) sur 6 à 12 mois, on appelle cela un tour du monde.

Objectifs du voyage

Je considère que ce voyage sera un voyage aussi bien extérieur qu’intérieur. Car en voyageant, je vais continuer de me découvrir, voir ce dont je suis capable et voir où sont mes limites.

C’est aussi pour moi l’occasion de faire le point sur la direction que je souhaite donner à ma vie à mon retour. Par ailleurs, ce genre d’expériences me semble idéal pour apprendre à lâcher prise, à ne pas vouloir toujours tout contrôler, apprendre à faire taire mon mental et tout simplement écouter mon instinct. J’ai aussi  envie de prendre du temps pour moi, pour vivre sans avoir aucune pression ou qu’on attende quelque chose de moi, « être » au lieu de « faire » le temps de quelques mois.

Je pense aussi que nos carrières devenant de plus en plus longues et stressantes, c’est plutôt une bonne idée de pouvoir faire des breaks réguliers de plusieurs mois pour réaliser un projet, voyager, passer du temps en famille. Ne pas attendre la pension pour commencer à profiter mais aménager sa carrière, la rendre plus flexible et trouver un équilibre entre le travail et la vie personnelle. Je crois que ma génération, celle des millénials (nés dans les années 80), va suivre de plus en plus ce modèle et style de vie.

L’itinéraire

Pour ce qui est des destinations, l’Amérique latine s’est rapidement imposée comme un choix naturel : les paysages grandioses, l’aspect culturel, la langue qui me passionne, la chaleur humaine, les couleurs, la musique, la danse…Tout ce qui me fait vibrer depuis toujours. Je passerai donc environ 4/5 mois à traverser la Colombie, le Pérou, la Bolivie, le Chili et l’île de Pâques.  Ces dernières années, j’ai commencé mon cheminement spirituel et je souhaitais donc aussi inclure un passage par l’Asie dans mon parcours pour que ce voyage me ressemble complètement et qu’il ait du sens. Je terminerai donc le séjour par la Birmanie et le Cambodge. J’espère aussi effectuer plusieurs retraites de yoga et méditation pendant ces plusieurs mois, des pratiques qui m’accompagnent depuis presque deux ans et m’aident énormément à revenir à moi. C’est volontairement que je choisis de parcourir un nombre limité de pays afin de pouvoir voyager lentement, m’imprégner et prendre le temps de découvrir les différentes cultures, me poser là où je me sentirai bien. Mon billet d’avion prévoit un stop en Australie où j’aurai la chance de passer quelques semaines sur le côte est pour au moins voir Sidney et la Grande barrière de corail, une petite pause occidentale lors de ce périple pour me reposer.

Ce voyage associe deux parties importantes de ma vie : l’Amérique latine reflète mon amour pour l’espagnol/la chaleur humaine de ces pays ainsi que mes 8 années passées entre la Belgique et l’Espagne, quant à l’Asie, elle est plutôt le miroir de mes années à travailler pour Hong Kong.

Le partage pendant le voyage

Je choisis volontairement de ne pas alimenter mon blog pendant le voyage afin de vivre pleinement le moment présent. J’écrirai peut-être plus tard des articles sur les pays visités à mon retour. Je partagerai par contre des photos sur les réseaux sociaux.

Réflexions personnelles

C’est probablement la première fois de ma vie où je décide seule et sans être influencée par les traditions familiales ou les opinions des autres de la direction que je souhaite prendre. Un tout nouveau ressenti pour moi…de m’écouter pleinement quitte à déplaire et à susciter des peurs et questions de la part des autres. Qu’est-ce que ça fait du bien de s’écouter et de se libérer de toutes ses fausses croyances  qui nous limitent dans nos choix et décisions.

J’ai l’impression d’avoir accompli tout ce que je devais faire ici en Belgique pour l’instant : un boulot que je n’aurais jamais pensé avoir et l’achat d’un logement. Il est maintenant temps de mettre tout cela entre parenthèses quelques mois pour revenir à l’essentiel et nourrir mon âme. A 20 ans, j’ai choisi de donner priorité à ma relation de l’époque, à 25 ans, à mon travail. Aujourd’hui, à 30 ans, je vais enfin m’acheter ce sac à dos dont je rêve depuis des années pour parcourir le monde.

30 ans, c’est un bel âge pour vivre ses rêves, je suis prête à partir vivre le mien et à entamer une nouvelle renaissance puisqu’au final dans la vie, la seule certitude, c’est l’impermanence des choses et des êtres/le mouvement.

Je vous mets cette superbe vidéo qui m’a aidée à trouver mon chemin pendant ces derniers mois difficiles et qui m’a aidé à comprendre que c’était la voie à suivre. Frissons garantis pour les passionnés de voyages.

2 Comments

  1. Super plan ! On a hâte de te lire ! J’espere que ce voyage sera à la hauteur de tes attentes ! Bravo pour le courage que tu as de t’écouter et de ne pas avoir mis de côté ton désir intense “d’être”. Tu n’es pas encore partie mais tu peux déjà être fière d’avoir monté ton projet et d’avoir pris cette décision ! Bon voyage et RDV sur Insta !

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